dimanche 5 février 2012

Sony P: un bel objet de design sous la loupe

C’est vrai que la tablette pliable Sony P m’a plutôt fait une bonne impression. Pas trop lourde, se glissant facilement dans sa serviette, mais trop grosse pour les poches, j’ai particulièrement apprécié la qualité des deux écrans qui sont séparés par la charnière et un petit vide pour une distance d'un centimètre environ.

Au début, cette séparation surprend. On voit par exemple la moitié de ses e-mails dans l’écran supérieur et l’autre moitié en dessous. En plus, généralement les deux écrans ne sont pas dans le même plan. Et puis on s’y habitue un peu. Fiche technique et test d'une tablette disponible en Suisse dès 579 francs sur toppreise.ch

Ergonomie à apprivoiser
Reste des questions d’une ergonomie parfois surprenante. Lorsque j’ai téléchargé l’application PS Store, je n’ai pu l'ouvrir que sur l’écran de gauche en mode portrait, les images des jeux s’affichant dans l’autre écran et en mode paysage.

Devoir sans cesse changer d’écran est assez désagréable. Alors pour certaines applications, il est possible de choisir de les étirer ou de ne les laisser que sur un seul écran. Ces options donnent le plus souvent satisfaction, mais ça reste un peu sportif.

Pour jouer?
Parfois, certaines applications sont habillement récupérées. Ainsi, le jeu Crash Brandicoot, installé sur cette tablette lorsque je l’ai reçue, s’affiche dans l’écran supérieur. De chaque côté des touches virtuelles L1, L2, R1 et R2. Dans l’écran du bas, les manettes de direction, ceux de la PlayStation et les boutons select et start.

Xavier Bertschy, qui nous a parlé cette semaine de Skeeble, et qui est aussi un joueur, a eu l’occasion de tester brièvement ce jeu et a été un peu déçu par cette ergonomie virtuelle. De mon côté, j’ai trouvé ça pas mal. Nous avons été d’accord pour penser qu’on doit s’y habituer… Je complèterai cette section sur les jeux disponibles après avoir reçu le point de vue de mon compère Jean-Charles Canet…

Côté surf, le navigateur est véloce et affiche proprement les sites visités, y compris avec Flash. Reste le problème du passage des vidéos en plein écran qui ne donne pas satisfaction. Il faut alors ajuster manuellement leur taille pour ne pas avoir une image coupée en deux…

Bilan tout en nuances
Pour le reste, cette tablette est équipé d’un GPS, de la navigation gratuite de Google (gare au trafic de données) et de deux appareils photos (5 millions de pixels et VGA) en façade et à l’extérieur qui donnent des résultats satisfaisants. Dommage que côté autonomie, l'objet ne dépasse pas quelques jours en veille.

Au final, cet objet est séduisant. Son design reste surprenant et sympa. Mis à part la récupération des jeux pour les consoles portables, je peine toutefois à y trouver une bonne utilisation. Reste une tablette qui profite de toute la puissance d’Android 3.2.1 et bientôt d’Android 4.0… Pour les amateurs de design, certainement!

Xavier Studer

L'avis de Jean-Charles
Je me bats depuis hier avec cet objet bâtard (comprendre, dont le système double écran ne correspond a à rien dans l'écosystème Android) avec pas mal de déconvenues.

PS Store: impossible de trouver cette fichue application ni sur l'Android Market, ni ailleurs. J'en conclus que ce "privilège" n'est pas encore accordé aux détenteurs d'un compte suisse. Le jeu Crash Bandicoot me donne cependant une vue concrète de ce à quoi il faut s'attendre: des jeux PS1 au format 4:3 condamnés à s'afficher dans leur gloire fanée sur l'écran supérieur alors que les commandes, les mêmes qu'une manette PlayStation apparaissent sous la forme d'icônes sur l'écran inférieur. Moche et quasi injouable à mon sens.

Mémoire: je constate que le système ne m'accorde que 2Go en interne et 2Go sur une carte SD. Ce n'est pas assez et la façon dont l'OS Android gère ces mémoires m'agace toujours aussi prodigieusement.

Reader: cette application qui permet de consulter des livres numériques (notamment au format epub) est adaptée au système double écran. Tenu à la verticale, la tablette ressemble à un livre ouvert. Mais ce carré parfait divisé en deux donne des pages trop étroites. De plus, je cherche toujours le menu qui me permettra d'inscrire mon compte de gestion des DRM Adobe. En attendant, je dois me rabattre sur une autre application du Market avec un plaisir de lecture qui reste faible comparé à une liseuse ou une tablette du type iPad.

Vidéo: comme attendu, je constate que la visionneuse de vidéos est un peu légère en matière de gestion des codecs. Je dois donc télécharger l'application MX Player pour trouver chaussure à mon pied. Si cette application fonctionne à satisfaction sur la Tablet P, le format 16:9 de la plupart des fichiers vidéos n'est pas adapté aux écrans. Me voilà condamné à regarder la vidéo soit dans le petit écran supérieur, à peine plus grand que celui d'un smartphone, ou d'utiliser le zoom qui me donne une image rectangulaire coupée par le petit centimètre qui sépare les deux afficheurs. Frustrant.

Conclusion provisoire: deux écrans trop étroits + Android avec une surcouche logicielle made in Sony élégante certes mais qui ajoute à la confusion + des applications spécifiquement conçues pour le système mais incomplètes et qui manquent de finition + des prestations qui ne sont pas encore introduites en Suisse = un mille-feuille que j'ai pour l'instant du mal à digérer. Je persiste cependant.

Jean-Charles Canet

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