vendredi 24 février 2012

Le jeu de la semaine: "Escape Plan"

Je pensais que le jeu de la semaine serait Syndicate, chez Electronic Arts sur PC, PS3 et Xbox 360. Oh, pour bien des raisons en somme. Parce qu'en 1993 je me suis frotté à Syndicate l'original. Le studio, Bullfrog, était anglais, il était dirigé par Peter Molyneux, son logo était une grenouille stylisée. L'univers était futuriste, sombre avec des corporations qui dominent le monde et des gangs d'espions rendus surpuissants par des implants (ma mère). Le concept était original, décalé, bizarre et la réalisation audacieuse... Pour l'époque. Et puis la nostalgie, cette garce, a fait son office. Aujourd'hui, le reboot a été confié à Starbreeeze, studio de bonne réputation. L'air est le même mais la musique a changé. En 3D vue subjective pour être précis. Le jeu commence, je suis immobilisé sur une chaise et un crétin violent me bat comme pierre à coups de poings rageurs. Je souffre mais j'ai un pouvoir mental et j'assomme la brute par la seule force de mon esprit. Je me libère et après quelques couloirs censés m'inculquer les bases du jeu, je retrouve mon employeur, un méchant capitaliste qui veut faire la peau de ses concurrents tout aussi carnassiers. L'originalité de cet univers me plonge dans une torpeur de protestation et je dois me faire violence pour continuer. Syndicate est laid comme un conseil d'administration. Les décors sont cubiques, nouveaux riches, les lumières sont criardes, les dialogues ne sont pas de Michel Audiard, les avatars sont modélisés à la serpe, les visages ont la texture des masques de cire, la violence fait dans la provoc' à deux balles, les gunfights s'enchaînent et se ressemblent, les pouvoirs de mes implants me lassent rapidement. Dans le jargon, on appelle ce genre d'opération un "reboot". Peut-on parler de nouveau départ quand il n'y a rien à sauver et que la déception est à la hauteur des attentes liées à un titre ayant marqué, un temps, sa jeune industrie?

Du coup, il faut bien se rabattre. Et je repense à ce jeu mineur, un peu perdu dans l'assortiment de lancement de la toute nouvelle PlayStation Vita. Escape Plan est son nom. Le jeu est en noir et blanc, les personnages font penser aux créatures de L'étrange Noël de Monsieur Jack. Il y a de l'humour, de la distanciation, de la musique en contrepoint ironique et des casse-têtes amusants résolus avec nos petits doigts sur les surfaces tactiles de la console. Du déjà vu, déjà joué, certes mais avec une véritable cohérence, osons le mot, artistique. Aux antipodes de la machine à recycler les lieux communs. Alors du coup, hop! Voilà Escape Plan propulsé jeu de la semaine. Rien à voir avec Syndicate, mais bien fait pour lui, il n'avait pas à passer par là.

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