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lundi 22 août 2011

Gesundheit! Merci, vous aussi

Gesundheit! C’est l’histoire d’un petit cochon vert au groin rose qui aimerait bien s’amuser avec ses copains. Mais comme le porcinet est enrhumé, ses « amis » se moquent fort à la vue du paquet de morve que le petit être expulse à chaque éternuement. Triste.

Pour leur salut, ils découvriront que ces excrétions attirent comme des mouches les monstres qui envahissent le pays pastel, très pratique pour les attirer vers les pièges qui ouvrent l’accès au niveau suivant.

Vous l’avez-compris, Gesundheit! est un jeu, un de ceux qu’on n’arrive pas à lâcher même quant le devoir nous commande. Il coûte un brouzouf sur l’Apple Store et se décline aussi bien en version iPhone/iPod Touch qu’iPad. Ses graphismes enfantins dessinés à la main sont mignons tout plein, l’humour caca de nez est léger comme une hirondelle, la poésie affleure, c’est un plaisir pour les yeux et les oreilles. Ajoutez une grosse louche de gameplay cuit aux petits oignons, vous obtenez le crime ludique quasi parfait.

Des touchis sur l’écran pour déplacer le cochon, une petite astuce balistique pour diriger la gelée verte là ou elle doit tomber. Des boutons poussoir. Des portes à débloquer. Des étoiles biscuit à manger. Des options tactiques à tire-larigot. Et 120 niveaux à surmonter. On ne se moque pas du bon peuple.

Gesundheit!, c’est notre jeu de la semaine et du mois. Pour l’année on verra bien.

jeudi 28 juillet 2011

Baisse de prix massive de la Nintendo 3DS : la preuve que le relief seul ne suffit pas

Nintendo a officiellement annoncé aujourd’hui une baisse du prix de sa console portable, la 3DS. Cette dernière a été lancée avec fracas au printemps dernier et misait gros sur la 3D. Il s’agissait en effet du premier objet grand public à proposer un écran capable d’afficher des images stéréoscopiques sans qu’il soit nécessaire de chausser une paire de lunettes pour bénéficier de l’effet.

Quatre mois plus tard, le géant nippon révèle que, dès le 12 août prochain, le prix de la console sera réduit grosso modo d’un bon tiers. Il avait été fixé à 339 francs à sa sortie. Ce réajustement rapide et inhabituel est interprété comme une réponse à des ventes qui ne correspondent pas aux objectifs (secrets) que s’était fixé le constructeur nippon. Autrement dit, Mario escomptait un tsunami, il constate tout juste une bonne marée.

Pour certains, ce constat d’échec (très relatif) sera interprété comme celui de la 3D, attraction inutile qui ne mérite pas qu’on lui consacre ne serait-ce qu’un franc supplémentaire. On aurait aussi beau jeu de relever certains signes d’essoufflement du relief dans les salles du cinéma aux Etats-Unis avec des spectateurs qui, lorsqu’ils ont le choix de voir le même film en 2D ou en 3D, ne se ruent plus forcément sur la version «augmentée».

A notre humble avis, c’est faire grand cas de la 3D. Lui imputer la responsabilité ne serait-ce que d’un demi-échec est encore lui faire trop d’honneur. Car s’il y a une leçon à tirer de ces signaux, c’est que le relief ne peut pas être à lui seul une locomotive. Va-t-on voir un film uniquement parce que le format de l’image est panoramique? Non. Pourquoi se déplacerait-on alors plus parce qu’il est présenté en 3D? L’attraction de la nouveauté est en train logiquement de se diluer et la stéréoscopie ne fera à l’avenir sens qu’intégré dans un projet artistique cohérent. Ce fut le cas au cinéma avec Avatar et Pina, l’hommage de Wim Wenders à Pina Bausch; sur Nintendo 3DS, il faudra beaucoup plus que The Legend of Zelda – Ocarina of Time, une réédition d’un jeu 2D dont l’excellence ne doit rien au relief.

lundi 25 juillet 2011

"From Dust" : amusons nous avec la mécanique des fluides

Jeune pousse prometteuse, Microsoft a lancé la semaine dernière son quatrième Summer of Arcade sur Xbox 360. Pour faire court, le Summer of Arcade est en mode très mineur au jeu vidéo ce que le festival Sundance est au cinéma : une façon de mettre en lumière des jeux qui sortent parfois des sentiers battus et qui ne bénéficient pas de l’arsenal promotionnel des grosses machines. Ils peuvent venir de la scène indépendante mais pas seulement. Ces derniers se téléchargent directement dans la console et chacun peuvent être essayé gratuitement avant un éventuel achat.

Au fil des ans, la sélection s’est révélée être non seulement pertinente mais de qualité, le Summer of Arcade a ainsi acquis une solide réputation. Il y a deux ans, il nous a permis de découvrir l’extraordinaire Braid (soit Mario avec un cerveau), l’été 2010 nous tombions en pâmoison devant Limbo, un admirable conte interactif cruel et poétique en ombres chinoises. Précisons que ce dernier n’est plus depuis peu une exclusivité et qu’il se trouve désormais sur la PS3 et, dès le 2 août prochain sur la plateforme Steam sur PC (et Mac? A vérifier).

La semaine dernière, Bastion a ouvert le festival. La particularité de cette petite chose est que toutes les actions du jeune héros que nous dirigeons son commentées par une voix off tantôt purement descriptive tantôt goguenarde ce qui provoque une amusante distanciation. Le jeu qui motive cependant ce billet sort le 27 juillet (aussi sur Steam et sur PS3 ultérieurement). Il a pour nom From Dust, est produit par Ubisoft et marque le retour sur la scène vidéoludique d’Eric Chahi, un vétéran qui marqua son temps au début des années 90 avec Another World, jeu qu’il conçu quasiment seul dans sa cave et considéré depuis comme un des grands jalons de cette jeune industrie. Ayant disparu de la circulation après Heart of Darkness, dont le trop long développement rendit le divertissement obsolète avant même sa sortie, Eric Chahi a eu le loisir, dit-il, de se consacrer à une passion des volcans qui se retrouve partiellement dans From Dust.

D’un point de vue purement ludique, From Dust n’est pas rappeler ces «god games» popularisés par la franchise Populous: le joueur ne dirige pas directement un ou plusieurs personnages qui ont leur existence propre mais intervient sur l’environnement. Une peuplade primitive se trouve sur une terre modérément hospitalière, a nous de d’améliorer les conditions cadres en détournant les cours d’eau, les flux de lave et en créant des chemins praticables. L’accès à certains vestiges donne à la population la connaissance de rites magiques qui permettent notamment de survivre aux fréquents tsunamis qui dévastent la région. Une fois les objectifs remplis, quelques explorateurs passent un portail et découvrent une nouvelle terre à peupler. Ou plutôt à repeupler, puisque d’autres sont semble-t-il passés par-là avant sans que l’on sache ce qui a provoqué leur extinction. Une fois la dernière contrée viabilisée, un « twist» achève le périple sur une note agréablement mélancolique.

Ce sont bien sûr les qualités purement ludiques (le défi est principalement de comprendre et dompter des écoulements dans un temps imparti) qui nous ont poussé à terminer From Dust. C’est assez rare pour être mentionné même si le la partie est relativement courte. Mais pas seulement. Il y a autre chose dans ce jeu de survie dont la seule violence est celle, aveugle, des éléments. Avec modestie, sensibilité et savoir-faire, l’aventure fait passer quelques émotions subtiles. Autour de la fragilité de toute existence lorsqu’elle est dans la situation du feu qui commence à peine à prendre et de la certitude que nous ne faisons que passer. Tout cela sans mobiliser les trompettes d’un discours lénifiant. Voilà qui fait de From Dust une réalisation parfaitement recommandable.