mercredi 1 février 2012

Pourquoi Canal+ a renoncé à la 3D

Maxime Saada
Evènement à l'échelle Romande: la venue mardi soir à Lausanne de Maxime Saada, Directeur Général Adjoint de Canal+ Distribution. Autrement dit, le numéro deux du groupe a fait le déplacement (à l'invitation du MBA HEC Alumni Lausanne et de Canal+ Suisse) ce qui est assez exceptionnel pour être signalé. Le cadre s'exprimait devant l'assemblée sur les enjeux de la TV du futur, ce qui lui a donné tout le loisir de faire une intense promotion des contenus produits par le géant. Cela n'était pas inintéressant, cela dit. J'y reviendrai sans doute.

Lors de quelques digressions, Maxime Saada a abordé le thème de la 3D et notamment pourquoi Canal+ a décidé de fermer la chaîne spécialisée dans la diffusion de contenus en relief à peine quelques mois après son lancement. Une faible audience (bien qu'en croissance) explique bien sûr cette décision mais ce n'est pas tout. Ce qui a inquiété le patron c'est de constater que les téléspectateurs qui commençaient à visionner une émission en 3D cessaient de le faire massivement en cours de diffusion. De là à stigmatiser le port de lunettes il n'y a qu'un pas allègrement franchi par le patron. Non sans pertinence. Autre explication: quand on a habitué son spectateur à une mise en scène des matchs de football rendue possible par l'emploi de 25 caméras en simultané, retransmettre en 3D le même match avec seulement six caméras équipées, c'est revenir à la télé de papa. Et des matchs filmés à l'ancienne, même en relief, les abonnés n'en veulent pas. Dernier argument, lorsqu'on gère une bande passante limitée et que la HD n'est pas encore entièrement déployée, la 3D n'est plus une priorité.

Tout cela ressemble fortement à un enterrement de première classe, parfaitement dans l'air du temps. Pourtant "la 3D, on y reviendra" assure le patron en évoquant des opérations ponctuelles pour lesquelles son usage redeviendra pertinent. Condamnée donc, mais avec sursis.

Autre élément qui n'a absolument rien à voir: Maxime Saada a confirmé qu'il y aura bel et bien une deuxième saison de Borgia. Cette série télé de prestige produite par Canal+ est en concurrence frontale avec The Borgias hébergée par la chaîne à péage nord-américaine Showtime. Si The Borgias a été de longue date reconduite pour un deuxième tour, le doute subsistait quant au sort de la version européenne de la saga. Doute levé mardi à Lausanne.

mardi 31 janvier 2012

Test de la Sony P: premières impressions!

J’ai reçu hier un OVNI dans le monde des tablettes tactiles, à savoir la si originale Sony P, pliable. Elle est tout à fait conforme à ce que j’avais entraperçu dans les expositions en mieux ! Bien finie, elle séduit par son look hors du commun.

Propulsée par Android 3.2.1 Release 2, elle offre toute la puissance d’une tablette moderne. Sur la toile, elle affiche par exemple les animations en Flash sans problème, tandis que son port micro-USB permet de l’utiliser comme une clef de stockage. Et dire qu’on peut même changer la batterie… Fou, non? Début du test.

Dommage que l’emplacement pour la carte mico-SD ne permette pas un changement à chaud et qu’il faille retirer la batterie. Reste que là aussi, il est possible d’ajouter de la mémoire à la tablette sans problème…

Côté système, le défilement dans les menus est très réactif. Le surf également est véloce et riche. Le système a été prévu pour permettre à certaines applications de ne s’exécuter que dans un seul écran pour éviter, au besoin les coupures…. Reste à tester son label PSP certified… Prometteur !

Suite du test d’ici à la fin de la semaine!

Xavier Studer

jeudi 26 janvier 2012

La Télévision Suisse passe à la HD mais laisse la TNT en rade

Le 29 février prochain, six programmes de la télévision Suisse vont passer à la haute définition. Les chaînes concernées sont TSR 1, TSR 2, SF 1, SF zwei, RSI 1 et RSI 2. Pour sa part, HD Suisse, chaîne tampon créée pour diffuser en HD  le temps que les autres chaînes se déclarent prêtes, sera fermée à la même date. Les six programmes resteront cependant accessibles en basse définition pendant au moins trois ans. Cette migration sera perceptible par les ménages équipés d'un poste au minium "HD Ready" et qui captent les programmes numériques par satellite, le réseau cablé (fibre optique ou coaxial) ou par la ligne téléphonique fixe (DSL). Exception pour ceux qui sont abonnés à Swisscom TV mais trop éloigné d'une armoire relais pour que les flux HD puissent être activés par Swisscom. Autrement-dit, si vous captez déjà en HD au moins une chaîne française, vous n'aurez probablement qu'à attendre tranquillement le 29 février.

Ceux qui en revanche, par inertie ou par choix, captent toujours les chaînes en analogique sur le câble devront songer à entrer dans le monde merveilleux du numérique pour avoir le bonheur extrême de pouvoir compter un par un les cheveux blancs de Darius Rochebin.

En anticipation de ce big bang, les gestionnaires de la tuyauterie helvétique se fendent chacun d'un communiqué qui annonce en substance la même chose: "Nous seront prêts le 29". Swisscom TV, Sunrise TV, Naxoo et sans doutes quelques autres qui m'ont échappé, ajouteront ces canaux HD à leur assortiment. Dernier en date, Cablecom s'est fendu aujourd'hui de sa petite missive et précise que cette arrivée provoquera quelques modifications dans le classement des chaînes sur son réseau câblé. Pas de quoi fouetter un chat.

Ce qui me chiffonne en revanche, c'est de ne voir dans ce branle-bas de combat aucune allusion à la TNT Suisse. Et pour cause, les émetteurs hertziens de la télévision numérique terrestre en resteront au service public minimal et continueront à ne diffuser qu'une partie des chaînes helvétiques en... basse définition. Je m'attends bien sûr à la mise en perspective de coûts (forcément dissuasifs) d'adaptation à la HD des émetteurs TNT pour une  faible proportion des ménages qui ont choisi de capter la télévision par ce biais (avec quatre chaînes seulement dans le bouquet, forcément, ça calme). Mais c'est aussi oublier que la TNT française déborde depuis plus d'une année les frontières hexagonales et arrose parfois copieusement les régions limitrophes avec déjà quatre grandes chaînes généralistes diffusées en HD (TF1, France 2, M6 et Arte) ). Dans ces régions, la combinaison de la TNT française à une TNT suisse qui serait acquise à la cause de la HD me paraît redoutablement intéressante. Ne serait ce que parce quelle offre une alternative aux ménages trop souvent empêtrés dans un devoir d'équipement en terminaux, modem, cartes ou divers décodeurs externes. Voire à devoir mettre tous les œufs dans le même panier (internet, téléphone et télévision).

Face à l'apparition des nouveaux carcans numériques, une plus grande latitude me paraît toujours préférable.

mardi 24 janvier 2012

Nokia Lumia 800, entre design et système en devenir: le test

Je teste depuis la fin de semaine passée le Nokia Lumia 800, proposé dès un franc chez Orange. Comme je l’ai déjà dit, ce premier Windows Phone 7.5 signé Nokia est un petit chef d’œuvre de design et de finition, qui tire le meilleur parti de matériaux modernes, comme le polycarbonate pour sa coque.

Le Finlandais, pour se démarquer de ses concurrents sur le système de Microsoft, propose par ailleurs certains de ses services comme Nokia Musique ou son outil de navigation Drive. Ce combiné tire son épingle du jeu en matière de simplicité d’utilisation, mais pêche un peu par certains points. Le test.

Après une prise en mains en douceur et l’émerveillement quotidien que produit tant le design que le sublime écran Amoled, on constate assez rapidement que la qualité audio, bien que tout à fait correcte pour un appareil HD Voice sur le réseau d’Orange, pourrait être plus soignée.

Ensuite, côté logiciel, on constate que la navigation de Microsoft reste très simple et séduisante. Toutefois, si la synchronisation de ses e-mails ou de sa musique ne pose pas de problème avec le logiciel Zune, la gestion de l’agenda (importation inexistante) n’arrive pas à la cheville d’Ovi Suite et surtout de Nokia PC Suite.

50'ooo applications
Cette limite passée, par différents moyens, notamment en exportant ses calendriers par différents moyens dans Hotmail, on passe au Marketplace. Là, les entreprises suisses de service public dignes de ce nom, comme les CFF, La Poste ou local.ch proposent de redoutables applications.

Avec ses 50'000 applications, ce marché est toutefois loin derrière Android ou l’App Store, mais progresse très vite, comme me l’a rappelé la semaine dernière à Zurich Mila Dimic, porte-parole du géant américain.

Internet passable
Côté internet, Explorer produit des résultats convenables sans toutefois arriver à la hauteur des meilleurs modèles sous Android. Sans Flash, la navigation est pauvre et la toile mutilée sur certains grands sites web difficilement contournables…

Passons au redoutable appareil photo de huit millions de pixels qui produit d’excellents clichés avec ou sans flash. J’ai particulièrement apprécié la qualité de la balance des blancs en basse lumière. Dommage que la vidéo en 720p soit parfois un peu floue.


Zune, Nokia, tuner FM
Côté musique, la double entrée Zune et Nokia Musique permet de faire tout ce qui est nécessaire. Comme tout appareil moderne et à la page, ce Nokia Lumia 800 possède évidemment un tuner FM. Dommage que les écouteurs fournis soient juste potables.

A l’utilisation, j’ai trouvé l’affichage des cartes de Nokia, qui propose un GPS gratuit et des cartes à télécharger avant de partir, un peu lent, mais tout à fait utilisable. Le niveau de détail est légèrement supérieur à ce que fait presque gratuitement (problème de trafic de données) Google.

Nokia Lumia 800: bilan positif
Au final, malgré quelques limites, j’ai apprécié ce Nokia Lumia 800, bien qu’il manque un peu de puissance car ne possédant pas de double processeur. Dommage aussi qu’il ne soit pas possible de rajouter de mémoire et que Windows Phone 7.5 ne propose pas nombre de fonctionnalités.

Quoi qu’il en soit, ce Nokia Lumia 800 tient facilement une bonne journée d’utilisation, voire plus. Par ailleurs, j’avoue que la qualité de sa finition et de son design pourront faire oublier certains manques à d'aucuns…

Xavier Studer

Lire aussi:

Le Lumia 800 de Nokia débarque en Suisse: comparaison

Nokia publie une « pub documentaire » sur le Lumia 800

Nokia lance deux Windows Phone et revient dans la course

dimanche 22 janvier 2012

Livre électronique: premier bilan avec le patron de Payot

Alors que je viens de commencer le test du Cybook Odyssey de Booken, (Lire les impressions de Jean-Charles) je me suis dit qu’il était temps de faire un premier bilan sur le lancement du livre électronique en Suisse Romande. Les réponses de Pascal Vandenberghe, patron de Payot.

Quels sont les premiers chiffres de vente?
Les premiers mois ont été plus que faibles avec seulement une centaine de fichiers vendus par mois. Avec l’accroissement de l’offre et un début d’entrée dans les mœurs du numérique, nous connaissons depuis novembre une forte croissance, même si, dans l’absolu, cela reste infime par rapport aux ventes du livre papier. En décembre, par exemple, nous avons écoulé 500 fichiers.

Quel est l'offre actuelle de livres?
Plusieurs nouveaux fournisseurs de contenus sont désormais en ligne: Hachette avec 17'000 titres, et Immatériel, 10'000 titres, une plateforme regroupant plus de cinquante éditeurs indépendants ne souhaitant pas se mettre entre les mains d’un grand groupe. Nous avons par ailleurs signé un contrat avec Interforum/Editis; il ne manque plus que Flammarion dans les principaux fournisseurs. J’imagine qu’ils seront en ligne ces prochains mois.

Outre les versions numériques des nouveautés, les éditeurs mettent les bouchées doubles dans la numérisation des fonds. Ainsi sur la première quinzaine de janvier, ce sont plus de 3000 nouveaux titres qui se sont ajoutés à l’offre. Nous dépasserons certainement les 100'000 titres disponibles dans le courant de l’année 2012. L’offre sera dès lors acceptable par rapport aux quelque 600'000 titres disponibles sur papier.

Enfin, nous proposons désormais aussi une offre en langues étrangères: actuellement 58'000 titres en anglais et 52'000 en allemand. Ces deux langues vont aussi fortement s’étoffer dans les prochains mois.

Projetez-vous de lancer de nouveaux modèles de tablettes?
Nous avons fait le choix de ne proposer qu’un seul modèle: nous ne sommes pas des marchands d’électronique, et nous n’avons par ailleurs pas la taille suffisante pour créer notre propre liseuse. Nous voulons juste être en mesure de pouvoir proposer à nos clients un modèle de qualité pour répondre à leurs besoins, dans un système ouvert. Le client peut décider d’acheter des eBooks sur d’autres sites que le nôtre s’il le souhaite (sauf Amazon, évidemment avec le système fermé du Kindle), même si, par défaut, le client arrive automatiquement sur payot.ch.

Proposez-vous la liseuse Cybook Odyssey?
Oui, nous avons remplacé les deux premières liseuses de Cybook commercialisées entre février et novembre par le nouveau modèle de cette marque.

Pensez-vous proposer des applications natives pour les tablettes?
Pour échapper au racket d’Apple, qui veut prélever 30% (c’est-à-dire plus que notre marge!) sur les ventes effectuées dans les applications, nous avons contourné le problème en créant des «mini-sites»: lorsque, avec votre iPhone, ou votre téléphone Android, vous vous connectez à payot.ch, le site identifie depuis quel support vous vous connectez et vous propose automatiquement une version allégée et adaptée de notre site. Les premiers résultats sur iPhone sont encourageants. Nous préparons également une version pour Blackberry.

Comme ce sont les fournisseurs de contenu qui définissent les formats et les DRM (c'est-à-dire le système de protection contre la copie), pour Apple, par exemple, nous recommandons toujours aux acheteurs d’installer Bluefire pour pouvoir lire les fichiers.

Quelles sont vos attentes pour 2012 ?
On devrait avoir une progression très forte et probablement doubler ou tripler nos ventes, mais ça restera insignifiant par rapport au papier. Même si on vendait 100'000 fichiers, ce serait dérisoire par rapport aux plus de trois millions de volumes classiques!

Propos recueillis par Xavier Studer

jeudi 19 janvier 2012

Sunrise TV dès le lundi 23 janvier en Suisse pour 125 francs


Sunrise TV a officiellement été dévoilée jeudi à Zurich. Le challenger suisse des télécoms lancera sur le marché quelque 250 chaînes de TV et de radio dès le lundi 23 janvier. Une offre TV, internet et téléphone est proposée à 125 francs par mois. Une combinaison avec le mobile permet une économie de 25 à 50 francs par mois. Le communiqué de presse.

L'offre comprendra 169 chaînes de TV, dont 23 en HD (dès le 29 mars) et 80 stations de radio. Une trentaine de chaînes seront proposées en français. En HD, les Romands pourront accéder à HD Suisse, TF1, France 2, M6 et Arte HD

L’opérateur a insisté sur la simplicité d’utilisation de son boîtier qui se veut clair et intuitif. La qualité de l'image aurait été particulièrement soignée. Selon ce que j'ai vu, cela m'a effectivement semblé tout à fait correct. La simplicité d'installation pourrait être un facteur déterminant. A tester.

Plusieurs partenaires pour la VOD
Deux ou trois détails sont à relever. Pour commencer, c’est DVD Fly qui fournit les contenus à la demande (VOD). Mais dans un deuxième temps, d’autres sociétés pourraient aussi fournir des films par ce débouché. Excellent pour la concurrence!

Pour avoir essayé plus longuement Sunrise TV dans les locaux de l’opérateur après la conférence de presse, je peux confirmer que l’interface réalisée par Nestream est des plus modernes et réactives. La possibilité de créer des listes de chaînes est des plus intéressantes, notamment dans les familles.

Si Sunrise ne propose pas pour l'instant d’application pour cellulaires ou tablettes pour piloter son offre de contenus, il semble déjà y travailler et évoque un lancement encore cette année. De quoi répondre à Swisscom qui y travaille aussi! Et à Cablecom qui peaufine son projet Horizon.

La TV 100% à la carte
Sunrise TV propose une réelle nouveauté sur le marché par rapport à Cablecom ou Swisscom TV. ComeBack TV permet ainsi de revoir tous les programmes des 28 dernières heures, dont les films de la veille. Comme sur Swisscom TV, il sera possible de mettre en pause le programme et de regarder plus de 1500 films à la demande.

Oliver Steil, patron de Sunrise a précisé qu’une offre plus avantageuse de type premier prix suivra. Elle n’a pas encore été lancée pour des questions techniques. Concernant ses ambitions, il s’est contenté de préciser que de nombre de ses clients sont très intéressés, sans donner plus de précisions.

Par le réseau de Swisscom
Techniquement, il faut souligner que les flux vidéos sont fournis par Nestream, un partenaire de longue date de Sunrise. La vidéo emprunte obligatoirement les tuyaux VDSL de Swisscom pour l’instant pour offrir une plus grande couverture. Cela a évidemment un impact sur les prix et limite probablement un peu Sunrise...

Sunrise travaille déjà à l’extension de son offre sur la fibre optique pour la fin du premier semestre. Ensuite, il devrait la proposer sur sur son propre réseau ADSL2+, toujours en déploiement dans toute la Suisse. La bataille sur le marché de la TV est donc plus vive que jamais puisque cette première mouture de Sunrise TV me semble pas mal du tout!

Xavier Studer

La liste complète des chaînes de TV suivra

mercredi 18 janvier 2012

Télévision: du buzz autour de Sunrise TV

Deuxième opérateur helvétique derrière Swisscom et devant Orange, Sunrise invite demain (jeudi 19 janvier) les médias à Zurich pour leur faire découvrir Sunrise TV, un nouveau service de télévision "bientôt disponible partout en Suisse".

"Sunrise TV vous offrira l'accès à une vaste offre Vidéo on Demand, aux fonctions Live Pause et enregistrement, à un choix important de chaînes HD ainsi qu'à une fonction télé exceptionnelle, ComeBack TV, qui permet de regarder le programme télévisé des 28 dernières heures en différé.", précise l'invitation. Sunrise a donc très clairement Swisscom TV dans le colimateur, on verra si l'opérateur s'est vraiment donné les moyens de battre sur son terrain ce service florissant.

Comme par hasard, Swisscom s'est fendu lundi dernier de son propre petit communiqué annonçant la mise en fonction sur Swiscom TV de la télévision de rattrapage (que Sunrise qualifie de ComeBack TV) et la possibilité de transformer l'iPad en télécommande du téléviseur. Ces deux extensions seront introduites prochainement et progressivement. D'ici le milieu de l'année, précise l'opérateur, tous les abonnés à Swisscom TV seront servis. Pour la tablette d'Apple, sa mue se fera par l'intermédiaire d'une nouvelle application sur l'App Store. Annoncer aussi formellement des nouveautés non immédiates n'est pas dans les habitudes de Swisscom. C'est dire si l'opérateur historique prend Sunrise au sérieux.


Pour ma part, je trouve intéressant de voir divers prestataires entrer en concurrence frontale pour papillonner autour des programmes de télévision en leur enfilant un manteau d'hermine numérique mais je souffre d'insatisfaction chronique. Prenez la VoD par exemple. En Suisse les services ne manquent pas: sur Xbox, sur Apple TV, chez DVDfly, chez Swiss TV, sur les télévisions connectées avec l'ensemble des opérateurs du téléphone et du câble qui s’engouffrent dans la brèche. Et pour quoi? Exactement le même type d'offres basées pour l'essentiel sur une sélection insatisfaisante de films populaires qui fait la part belle aux blockbusters hollywoodiens. Les marges, les niches et tout ce qui peut faire beaucoup pour la réputation du service sont négligées. Et presque tous se révèlent incapable d'offrir une interface suffisamment bien conçue pour permettre de faire ses choix selon ses envies et critères. Que celui qui ne s'est jamais rendu compte, juste avant de valider sa location, que le film convoité n'était disponible que doublé en allemand me jette la première pierre. Et ce n'est qu'un exemple dans un océan de frustrations.

Tout cela pour dire qu'il reste de la place en Suisse pour un vrai bon service de VoD. Il serait dommage que les acteurs nationaux ne parviennent pas à profiter des difficultés que rencontre les multinationales à adapter leur services aux particularisme helvétiques. Je découvrirai l'offre Sunrise demain avec cela en tête.

dimanche 15 janvier 2012

Le coup de griffe: CES 2012: la course au ridicule?

Cette version 2012 du CES, la grand’messe du multimédia de Las Vegas, a été marquées par l’apparition de plusieurs mobiles de quatrième génération 4G LTE, de capteurs de 12 et 16 millions de pixels et même d’un modèle de quelque 6 millimètres d’épaisseur, signé Huawei: l'Ascend.

Découvrez la galerie photo

Plus mince, vraiment?
Commençons par ce petit bijou qui sera propulsé par Android 4.0 et qui confirme ce que j’écris depuis longtemps. Il va falloir compter désormais non seulement avec les Coréens, mais aussi avec les Chinois qui s’améliorent de mois en mois… Reste à savoir à quoi sert le mobile le plus fin du monde si son autonomie est ridicule ?

D’ailleurs, Motorola vient d’ "estropier" son Razr, qui a été le plus fin du monde pendant quelques mois, pour lui adjoindre une vraie grosse batterie. Evidemment, ce Razr Maxx passe de 7 à 9 mm environ d’épaisseur pour une autonomie presque doublée grâce à une batterie de 3300 mAh ! Ca, c’est utile!

Toujours la course aux pixels
Poursuivons. Du côté de Sony (tout seul, désormais, sans Ericsson) avec son premier Xperia S. On nous propose de la 4G et un capteur de 12 millions de pixels. Chez HTC, avec un Titan II également 4G, c’est l’inflation à 16 millions de pixels pour ce Windows Phone. Reste que…

Pour commencer, les qualités optique d’HTC, en net progrès, on toujours été un peu en dessous d’autres concurrents. Sony, par exemple, a toujours fait un peu mieux probablement parce qu’il maîtrise mieux les algorithmes de compression et autres… Là aussi, la course seule aux pixels est ridicule…

Et des processeurs à quatre cœurs
Mais on ne va pas s’arrêter là. Après la tablette Acer Prime, les premiers mobiles à quatre cœurs vont aussi pointer le bout de leur nez. Ah, petit rappel, tant Apple que Sony Ericssson ont produit parfois des modèles plus réactifs ou plus « fluides » avec des processeurs moins vitaminés….

Alors oui, la course aux performances est utile et intéressante, car oui, les téléphones pourraient surfer encore plus vite. Oui, la qualités des photos et des vidéos peut encore être améliorées… Mais ne cédons pas au ridicule!

Xavier Studer

vendredi 13 janvier 2012

Le jeu de la semaine: "LostWinds" sur iOS

En guise de jeu vidéo de la semaine, on pourrait élire Star Wars: The Old Republic, le "Morpeug", pardon le jeu de rôle massivement multijoueur en ligne, de Bioware édité par Electronic Arts. Oui on pourrait parce que tous les indices mettent l'aiguille sur le vert, le MMO qui pourrait enfin renvoyer World of Warcraft dans ses vertes prairies est bien parti. Il a conquis autant les guildes quasi professionnelle que l'occasionnel du dimanche (enfin pas trop, un MMO ça se mérite). Oui, on pourrait... Mais non. Parce que SWOR, je n'ai pas encore osé mettre l'ongle du petit doigt dans l'engrenage. Je suis trop attaché à la survie de mes soirées et de mes autres loisirs. Et puis, comme je suis une râpe, payer des brouzoufs pour la même chose chaque mois, ça m'agace. Mais rien n'est gravé dans le marbre. On verra bien.

Le jeu de la semaine sera donc un jeu de plateforme et d’exploration pour iOS (iPhone, iPad et iPod Touch): LostWinds. L'air est connu puisqu'il était à l'origine téléchargeable sur la Wii de Nintendo. Le logiciel bénéficie cependant d’une conversion ingénieuse et de qualité. Le but? Accompagner le jeune et intrépide Toku dans sa quête et l’aider en faisant naître du bout de l’index des rafales de vents qui accroissent ses sauts, ravivent le feu et enclenchent des mécanismes. En plus de ce «gameplay» original, des graphismes mignons tout plein, une ambiance musicale zen et quelques énigmes bien troussées suffisent à mon bonheur. Et puis cette petite chose agréable et bon enfant ne coûte que 4 francs.Quand je vous parlais de râpe...

lundi 9 janvier 2012

Lecture: entre le Kindle, le Cybook Odyssey et l'iPad, mon coeur balance

Je suis en train de tester le Cybook Odyssey, une liseuse de livres numériques conçue par le français Bookeen (comme son nom l'indique si bien). Ce petit dernier d'une gamme déjà assez riche fait la synthèse: l'encre électronique est plus contrastée, l'écran est tactile et le Wi-Fi intégré permet d'accéder directement à des divers débits, dont un maison, le Bookeen Store. Son format livre de poche et son poids (195 grammes) en fait un objet agréable à utiliser et très facilement transportable. Son autonomie, un mois selon la police, deux semaines selon les manifestants, lui donne de toute manière un avantage sur les tablettes.

Parmi les choses qui me plaisent moins, je relève un design quelconque qui lui fait ressembler à un objet numérique très fin de siècle, le 20ème donc, et non à une épure à la mode. Ses gros bords noirs plastifiés en sont pour quelque chose. Autre contrariété, la réactivité de l'ensemble ne me satisfait toujours pas. Certes on sait que la technologie dite de l'encre électronique ne permet pas de faire des miracles mais Bookeen fait état d'améliorations substantielles pour ce modèle. On parlera plutôt d'une petite avancée en termes de rafraichissement des pages et de vitesse de réaction générale du système. Pas de quoi grimper au mur ni éliminer ce sentiment désagréable de devoir attendre une fraction de seconde de trop avant de voir la liseuse réagir à une de nos sollicitations. En lecture cependant, c'est à dire la plupart du temps, l'expérience reste convaincante. Encore heureux...

Sans passer par un ordinateur, j'ai pu faire l'achat d'un livre récent directement depuis la filière mise en place par Bookeen. J'ai en revanche renoncé à tenter de boucler une transaction en utilisant le navigateur interne de la liseuse. Trop lent, page web s'affichant mal, trop compliqué... Autant télécharger un bouquin sur un Mac ou un PC avant de le transmettre à la liseuse reliée par câble à l'ordinateur. A l'ancienne, quoi. En outre, je me suis vu contraint d'introduire mon compte Adobe Digital Editions pour déverrouiller les livres achetés. Joie des DRM, plaisir des mots de passe.

Au terme de deux semaines d'usage, j'en suis venu à une question essentielle: sur quelle liseuse porterai-je mon choix? A l'heure actuelle trois alternatives s'offrent à moi. L'iPad (voire une tablette Android), le Kindle d'Amazon ou une liseuse plus ouverte à l'instar de ce Cybook Odyssey.

De prime abord, l'iPad cumule les avantages. Je peux accéder à toutes les formes de distribution: les propriétaires mises en place par Apple (via l'application iBooks) et Amazon (via l'application Kindle). Les filières non verticales aussi (tous les livres du domaine public et les sites suisses, e-readers ou Payot.ch...) avec l'application Bluefire. Mais mon application de lecture préférée (iBooks) est incompatible avec les livres non distribués par Apple et un rayon de soleil sur l'écran transforme ma lecture en épreuve.

Le Kindle d'Amazon m'offre une simplicité d'usage inégalée, un catalogue francophone qui commence à être convaincant et la lisibilité de l'encre numérique. Un seul compte, un seul clic pour acquérir un livre, apparition intstantanée dans la bilbliothèque virtuelle... Le rêve du technophobe. Mais cette filière, volontairement incompatible avec le standard epub, est si fermée qu'elle fait passer Apple pour le champion du monde de l'ouverture. En bref que ferai-je de mes livres si j'abandonne Amazon?

Une liseuse de type Cybook Odyssey alors? La raison et mes réticences à mettre tous mes œufs dans le même panier m'y pousse. L'offre croissante de titres disponibles au format epub, même en Suisse m'y encourage. Mais mon côté flemmard me pousse vers des solutions verticales ou tout est intégré et fonctionne du premier coup.

Ce dilemme, je suis encore loin de l'avoir résolu. Une fois encore, la diversité, la quantité de l'offre et son prix pèsera fortement dans la balance. Et sur ce terrain-là, il faut bien reconnaître que la filière Amazon Kindle marque, ces temps, de méchants points.